lundi 26 septembre 2011

Ma vie tranchée mince -- Toi aussi tu vis une peine d'amour?

Mon été avec Nathalie? Merdique. Elle m'a laissé au moins 7 fois... crises de larmes, baises qui s'ensuit... euphorie de deux jours, re-rupture, autre crise de larme... À la fin de cet été de je-te-flushe-je-te-sors-de-la-bol-et-je-te-reflushe, elle déménageait à Montréal. Aujourd'hui je me rends bien compte qu'elle était tout simplement paumée, la pauvre. Elle s'était inscrite à l'UQAM en sciences politiques pour être ambassadrice à l'ONU ou je ne sais quel projet trop défini pour être un tant soit peu réaliste. Quand je lui faisais sentir que je croyais plus ou moins à son projet, ça y était, les plombs sautaient, je versais mon pessimisme sur elle, blablabla, discussion, j'essaie d'éviter la confrontation, crise de larme --décidément-- et baise.

Quelques jours avant de déménager définitivement à Montréal, à la fin de l'été, elle me flushe définitivement. En fait, son déménagement facilite les choses... je suis dévasté. C'est la fin de semaine de l'Action de grâce et mon amie Julie n'en peut plus de me voir me désintégrer pour cette enfant gâtée qui ne sait pas ce qu'elle veut. Julie m'impose donc de faire mon balluchon pour trois jours : on s'en va à Old Orchard. J'ai quoi à perdre? Rien. Je pars donc, vendredi soir, pour le Maine avec des copains rejoindre d'autres copains qui ont réservé un cottage dans ce sympathique bled qui, en fin de saison dit-on, perd un peu de son kétainisme. L'occasion est bonne : le logement ne coûtera à peu près rien, idem pour la bouffe et bonus, je n'ai jamais vu la mer!

Ce n'est pas en arrivant là-bas que je l'ai vue non plus; six heures de route pour se rendre là. J'entendais son bruit et tout ce que j'ai trouvé à dire d'intelligent se résumait en cette transcendante affirmation : "Ça sent l' poisson".

J'avais fait le voyage avec Isabelle, une lesbienne dont le placard était verrouillé de l'intérieur, et son "amie" dont le nom m'échappe. Ces deux filles se ressemblaient étrangement et je me disais que ça devait faire bizarre d'avoir une relation intime avec son alter-ego... Nous suivaient dans une autre auto Alain, le frère d'Isabelle, accompagné de sa blonde Louise et dans une dernière auto, mon amie Julie qui m'avait "imposé" cette retraite et son amoureux David. Je n'étais pas jaloux de David, je l'aimais bien même... mais je ne comprenais pas ce que Julie faisait avec cet avocat en droit du commerce, elle l'artiste avec ce bloc de conformisme qui, malgré sa bonne volonté de montrer son côté flyé, n'en demeurait pas moins d'un drabe sans nom. Le jeune frère de David, Mathieu, les accompagnait. Il sortait d'un épisode psychotique. À 18 ans, le pauvre avait déjà visité l'au-delà de la réalité. Julie et David jouaient un peu les babysitter pour David qui ne devait pas boire et encore moins fumer des joints. L'emmener dans ce chalet, pendant ce week-end, équivalait à amener un obèse au régime dans une PFK; tous le monde se soûlerait la gueule pendant que lui se rongerait les ongles et boirait du Canada Dry... Un dernier trio devait se joindre à nous; des collègues de David, donc des avocats. Je me demandais bien ce que je foutais là, moi cégépien à peine raccroché à travers ces jeunes exerçant déjà leur profession libérale... Mais ma peine de coeur noyait toute autre préoccupation et je m'en foutais tellement. Daniel, Tania et Caroline sont donc arrivés tard ce vendredi soir. Tellement qu'on n'a même pas pris le temps de faire connaissance; tout le monde au lit, on parlera demain!

Le samedi, je me suis baladé avec un p'tit couple et un schizophrène en sursis dans les rues de Kennebunk. Pas de doute, le Maine en automne sait chasser les peines. La mer qui termine sa course sur les immenses rochers, le vent du large, l'infini... oui, j'en étais un peu ému. La tristesse ne me lâchait pas, mais je voyais bien que toute cette immensité me dépassait et ça me consolait un peu.

Nous sommes arrêtés dans un marché pour acheter des homards pour le repas du soir. Une farce : ça ne coûtait presque rien et l'idée de m'empiffrer de ces pauvres crustacés me remontait le moral au plus haut point. Les préparatifs se déroulait bien; on se serait crus dans un film de Woody Allen ou dans Big Chill... l'alcool coulait à flot.

Après le repas, personne n'a pensé fermer le robinet de l'alcool et elle coulait toujours a flot. Sous forme de rhum and coke dans mon cas. Je n'arrêtais pas de me les enfiler et à un moment donné, comme le coke dans mon rhum, noir total.

Retour : je suis sur la plage, seul et je regarde dans le vide. Il fait nuit. Il y a du monde autour de moi, mais ils font leurs petites affaires. Je marche peut-être, je ne sais pas. Julie, de qui j'ai déjà été si amoureux et à qui je l'avais si maladroitement avoué un soir de brosse alors qu'elle était sobre et moi pathétique, me demande si ça va. Je ne sais pas si je réponds. J'ai honte d'être soûl, encore une fois, devant elle. Je lui ai déjà fait subir un malaise, je ne tiens pas à répéter l'exploit. Seulement, elle m'aime bien, Julie. C'est ma grande amie depuis un bon cinq ans, une éternité quand on est jeunes. Elle m'enlace et me dit que ça ne va pas, mon affaire. Je pleure. Julie, comme celle de Rousseau, déclenche un "des torrent de larme". Mais contrairement à Rousseau, ma "nouvelle Héloïse" s'appelle Nathalie. Je suis dans les seins de Julie. Je m'y vautre sans plaisir et elle me donne toute licence. Son avocat ne s'en mêle surtout pas. Elle me dit que c'est normal, que j'ai de la peine, qu'il faut que ça sorte et ça sort.. mais je suis complètement ivre, désinhibé par l'alcool.

Retour au noir. Je ne sais pas combien de temps j'ai beuglé dans les bras de ma consolatrice. Tous les autres ont bien dû me voir, m'entendre, mais je m'en fous, je n'ai plus d'orgueil. Et puis je ne les connais pas, ces avocasseux...

Retour: je suis avec Caroline, que je ne connais pas, dans la chambre qu'elle partage avec Tania qui n'est pas là et Caroline me dit : "T'es en peine d'amour... t'as l' droit de brailler, de hurler. Moi aussi je le suis...". On discute un peu, du mal qu'on a, de chacun sa situation, etc. et elle me dit: "T'sé, c'est pas compliqué... Sais-tu de quoi on a besoin? De ça." Et elle m'enlace tendrement, sur le lit. Je suis toujours soûl, mais sa douceur est un baume, une injection de morphine qui calme instantanément le mal qui me ronge. L'étreinte dure quoi... une minute? deux? Je ne sais pas... Mais je découvre une femme aussi blessée que moi, peut-être pas aussi soûle que moi et ça me fait un bien fou.

Je me réveille le lendemain matin, vers 7h... Mal de tête normal, mais douleur au ventre insupportable. Ma cuite de la veille me coûte cher. Je paie en grosses coupures, c'est clair. J'enfile un chandail de laine et je sors prendre l'air. Je décide de m'étendre un peu sur la plage, question de faire le plein d'air, mais mon mal à l'âme s'est transformé en mal au corps et je sens qu'il faudra qu'il se passe quelque chose pour y remédier. J'ai dû m'endormir sur la plage, parce que lorsque je suis rentré, tout le monde me dit que je suis rouge. J'apprends donc à mes dépens qu'on peut attraper un coup de soleil en automne. Comment puis-je savoir que plage, vent et soleil provoquent l'insolation en toute saison?

Les heures qui suivent sont pénibles. Je m'enferme dans les toilettes et j'espère qu'il sorte n'importe quoi par n'importe quel orifice. Mais rien n'y fait. De l'autre côté de la porte, on fait cuire du bacon. Beaucoup de bacon. On le fait même cramer et il n'y a pas de ventilation dans cette cambuse, alors l'odeur est insupportable. On s'inquiète de ma présence prolongée dans les cabinets. Je dis que tout va... En fait, rien de va. Tout reste.

Caroline ne me parle pas. Ne me regarde pas. A-t-elle honte? Est-elle gênée d'hier? Son comportement ne fait qu'ajouter à mon mal-être. Malgré mon état actuel et celui de la veille, je considère que nous avons amorcé une certaine relation d'intimité... mais elle m'ignore. Carrément. Pourtant, je n'ai pas eu de black-out après le câlin d'hier soir et je n'ai rien fait de déplacé.

Nous devons quitter le cottage pour midi. Les copains veulent aller au village jouer au minuputt. Les trois kilomètres en voiture qui nous séparent du terrain constituent un véritable calvaire pour moi. Comment vais-je faire pour me taper les cinq heures pour me rendre à Granby?

Caroline m'ignore de plus en plus et ça me fait chier. Me fait sentir looser. Je n'aime vraiment pas ça. Mais je persiste à conserver un beau souvenir de notre conversation de la veille.

Embarquement pour le retour. Pénible. Je n'ai rien avalé de la journée et il est près de 18h. Nous arrêtons dans un sinistre Burger King autoroutier et miracle, j'arrive à manger et à garder. Je me sens déjà mieux. À 20h30, je suis de retour chez moi et le répondeur est plein.

Message 1: "J'ai appris que t'étais parti avec des amis à la mer... c'est l' fun, j'espère que tu en profiteras maudit chanceux".

Message 2: "On est samedi... c'est plate, j'ai rien à faire pis ça me tente pas de sortir... j'avais envie d'entendre ta voix".

Message 3: "Ouin, c'est long ton voyage... coudonc, étiez-vous partis pour une semaine? Rappelle-moi quand tu rentreras... on est dimanche matin".

Message 4: "Bon ben y est 7h pis t'es toujours pas revenu... j m'ennuie... Martin est parti, l'appart est vide... j'aime pas ça être tout seul.

Je la rappelle. Elle me demande ce que je fais. Veut que j'ailles la rejoindre. Elle a appelé au Terminus Voyageur et il y a un départ à 21h30... un express en plus. Viens donc! Mais juste comme ami, hein?

Tu parles...

Arrivé à Montréal, je prends le métro jusqu'à Beaubien, comme dans la toune de Beau Dommage et me voilà chez elle. Elle me dit que je peux dormir dans le lit de Martin qui est parti en tournée. Big Deal! Après la douche, je viens pour me glisser dans les draps du coloc lorsque j'entends mon hôte crier de sa chambre: "J' pense que c'est pas une bonne idée que tu dormes dans le lit de Martin... Hier, il a couché dedans avec un monsieur". Sacré Martin. Il se tape un consul ou je ne sais quel genre d'ambassadeur japonais ces temps-ci. Je me couche donc auprès d'elle. Le parfum, l'humidité d'après la douche, la fraîcheur des draps... le sexe.

C'était la dernière fois que nous avons fait l'amour.

Le lendemain matin, j'étais redevenu son ami. Nous déambulions côte à côte sur Saint-Zotique et je trouvais le quartier bien beau. Je me disais que moi aussi, j'aurais dû m'installer à Montréal.

J'ai pensé à Nathalie encore quelques semaines... peut-être même quelques mois, je ne sais plus. Jusqu'à ce que je la voie avec un mec, dans un bar à Granby. Elle m'avait vaguement parlé de lui... le trouvait un peu coussi-coussa, mais bon... et là, il était devant nous. Ce soir-là, j'étais avec David et Julie. Après qu'elle me l'ait présenté, j'ai demandé à ce qu'on quitte le bar. Je n'avais plus de peine. J'étais seulement en calvaire. Je trouvais ça bête et con comme situation.

Le lendemain, elle m'a téléphoné pour me dire qu'il n'y avait rien entre elle et lui. Pis? J'étais en calvaire puissance 10. Je crois que c'est là que mon "deuil" a pris fin.

La seule chose que je regrette dans tout cet épisode, c'est que je n'ai jamais revu Caroline.

dimanche 25 septembre 2011

Ma vie tranchée mince -- Elle ne sait pas

Je revenais aux études, à 19 ans, après avoir végété et piler - dépiler des boîtes chez K-mart pendant deux ans et demie... Cette fois-ci, c'était du sérieux: j'allais faire mon DEC et qui sait, aller à l'université pour étudier... je ne savais pas encore en quoi, mais je me disais que je pourrais faire un bon prof. De secondaire, tiens. J'étais assez doué avec les ados et je me débrouillais bien en français. Mes deux ans et demie de de prolétaire m'ont prouvé que je cherchais de la nourriture intellectuelle, alors pourquoi pas joindre tout ça et aller étudier en littérature.

Quand je suis arrivé au cégep, pour la deuxième fois, j'étais un modèle d'assiduité. Il s'agissait de s'être cassé les dents une fois sur le mur des études pour ne pas recommencer. J'ai débuté ma première session en janvier et j'y ai maintenu une posture monacale. Je faisais mes lectures d'avance, remettais mes travaux d'avance et tout semblait si simple. Il suffisait de suivre le mode d'emploi.

J'avais des connaissances, plus jeunes que moi bien entendu, qui fréquentaient le cégep, dans un cheminement "normal" et je me collais un peu à eux pour l'aspect social de mon passage.

Mon amie Josée m'a donc présenté Nathalie. Elle avait peut-être dix-huit ans, je ne sais plus... elle était fort jolie, menue, délicate... en apparence. Parce que derrière sa beauté, elle cachait un caractère combatif, voire vindicatif pour toutes les causes, la sienne comme celles des autres.

Elle me fascinait.

Je la voyais mener de main de maître une réunion d'association étudiante et je trouvais cela... sexy. Une fille de tête, quoi.

Je n'arrive pas à me souvenir comment nous avons commencé à être intimes, probablement que Josée avait un peu joué l'entremetteuse, mais nous avons fini par nous embrasser et faire l'amour, un soir, chez moi dans mon appartement du Centre-Ville. Alors que nos lèvres allaient se rencontrer, elle disait "je sais pas". Elle a dû répéter ça au moins dix, quinze fois avant que nos langues fassent connaissance.

Elle hésitait.

Ne savait pas quoi au juste?

Si j'étais le bon mec pour elle? Si elle était prête à avoir un chum? Si elle avait envie de baiser? Si elle n'était pas certaine d'éprouver quelque chose pour moi et que ça me ferait éventuellement de la peine?

Elle a bien fini par céder. Enfin je dis "céder", mais je ne forçais pas à la manière d'un viol! Même que du haut de mon pucelage, je n'avais même pas envisager de faire l'amour avec elle... pas à ce moment-là en tout cas. Eh oui! À 19 ans, je n'avais pas encore vraiment connu la douceur de la caverne de satin, pour paraphraser Richard Desjardins. Je dis presque, parce que quelques années auparavant, une Véronique que je fréquentais m'avait permis de m'y aventurer, mais sans protection et c'était vraiment ma toute première fois. J'avais tellement peur qu'elle soit enceinte, des maladies ou je ne sais trop qu'à peine entré je suis sorti légèrement traumatisé. Mes expériences sexuelles se résumaient donc à du pelotage, de la masturbation mutuelle ou du sexe oral. Je ne m'en trouvais pas plus mal, mais quand même légèrement complexé...

Si bien que Nathalie m'invita en elle d'une façon si douce, si naturelle que la félicité m'a envahie dès notre premier rapport sexuel. Ça y était. J'étais accroché, pour de bon. Elle ne se doutait pas qu'elle venait de m'ouvrir les portes du paradis.

Elle ne me fascinais plus. J'en étais carrément amoureux, éperdu. J'aurais fait n'importe quoi pour elle.

J'en avais même oublié qu'elle "ne savait pas"...

samedi 24 septembre 2011

Y a quoi dans l' frigo? -- Variation nominale.

L'attente insiste, ne se presse pas de partir.

L'espoir s'amenuise à mesure que la passion s'affadit. 

Ton indifférence aura raison de nous.

Et pourtant, comme disait l'autre...

mardi 20 septembre 2011

Y a quoi dans l' frigo? -- Je n'en sais rien

Ça vient d'où, cette maudite envie de l'appeler? Pourquoi j'ai tant besoin de me faire rassurer qu'elle m'aime? Pourquoi je me sens comme quand j'ai arrêté de fumer? Pourquoi je ne cède pas? Comment en vient-on à ce que ce soit un jeu, une stratégie? Pourquoi...

Pourquoi j'ai la certitude qu'elle m'oublie? Que je n'existe plus pour elle? Que je ne dois plus exister pour elle? Qu'elle ne doit plus exister pour moi? Et pourquoi ça doit être comme ça?

lundi 19 septembre 2011

Y a quoi dans l' frigo? -- État d'être

Rongé.

Imbibé, désinhibé.

Une ligne ouverte, une copie mauvaise, des romans qui attendent en ligne.

Le coeur anxieux. Le coeur envieux. 

En quête d'une sorte de paix. D'une assurance. D'une certitude, si fragile soit-elle.

mercredi 7 septembre 2011

Y a quoi dans l' frigo? -- J'en meurs d'envie

Mais je me retiens. Tu sais que je meurs d'envie...

Je garde de belles images, de beaux souvenirs. Je les garde. Ils sont à nous.

Comme un bijou précieux, elles resteront dans leur écrin.

jeudi 1 septembre 2011

Préparé pour toi -- De passage...

...sans faire exprès. Tu m'apportes un livre que je t'ai offert. Je suis là. Je ne devrais pas. Tu es là. Tu ne devrais pas non plus.

Approche. Viens dans mes bras que je t'étreigne... que je te hume, que je te goûte...

Pourquoi nous infliger cette torture?

Je ne devais pas être là?

J'y suis. J'y serai toujours.

Pour toi.