samedi 2 octobre 2010

Les morons de ma rue : homo semi-erectus

Il ressemble un peu à Olivier Guimond alias Ti-Zoune. L'image vient de Monsieur et Madame Gagnon qui, comme moi, le voient marcher, trois, cinq, huit fois par jours sur la rue en direction nord ou sud. Toujours la même démarche molle, à la manière d'un gars un peu soûl qui se traîne les pieds. Le dos voûté, la tête dégarnie qui précède le corps et l'invariable cigarette aux lèvres. Une cigarette ça allait pour René Lévesque, Lucky Luke ou la mère de mon ami Stéphane quand j'avais neuf ans. Mais en 2010, une cigarette, celle de l'esclave, la vrai, la roulée avec une machine rouge Supermatic à bras, ben celle-là, on la trouve moins sympathique. On se dit que ça n'aide sûrement pas Ti-Zoune --Claude de son vrai nom, probablement Ti-Claude pour les intimes-- à améliorer son emphysème.

Parce que oui, il se dirige tout droit vers là, le Claude. Au-dessus de son outre de bière qui lui sert de bédaine, il a les côtes visibles.

Parce que oui, quand il fait chaud l'été, il se promène en bédaine le Ti-Claude. Il profite de sa situation de mâle pour imposer ça à ceux qui le croisent.

Claude aime jaser, mais les voisins ne collaborent pas trop. Pas à son goût en tout cas. Sa meilleure occasion de jaser, c'est pendant la semaine des gros rebuts. Il demande à ceux qui mettent qui des tapis de sous-sols pourris, qui des piscines Turtle défoncées s'ils veulent bien qu'il prenne leur cochonneries. Difficile de savoir où il loge ses cochonneries qu'il accumule. Il vit dans un quatre pièce avec sa blonde.

Parce que oui, Ti-Claude a une blonde. Elle doit bien avoir soixante ans. Elle en à l'air en tout cas. Une allumette. Pas qu'elle ait l'air cochonne, loin de là, mais elle a l'air d'une allumette. On dirait qu'elle va casser en deux. Elle doit peser 84 livres environ. Elle s'habille avec des vêtements mal assortis de comptoir. On la voit très peu. Elle ne dit pas grand-chose. Celui qui parle dans le couple, c'est Claude.

Parce que oui, Claude aime jaser, mais sa rue n'est pas jasante...



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