- La guignolée de la Fondation Rock-Guertin
- Centraide (au bureau, parce que le cégep sont fins et s'en préoccupent)
- Le sac en papier brun à remplir du Tim-Horton (Parce que Tim-Horton sont fins et s'en préoccupent)
- À la sortie du Costco, invitation à déposer ses denrées (parce Costco sont fins et s'en préoccupent)
- La guignolée des médias
- La guignolée du Docteur Julien
Et il ne s'agit que du dossier bouffe et affaires normales pour celles et ceux qui ont le droit de passer un Noël normal, genre l'abondance, la bouffe, les cadeaux pis toute. Bon OK, rien contre. On vit dans une société de consommation capitaliste --tiens, j'ai dix-sept ans!-- et égalitaire, puis on accepterait que certains se privent de cette orgie? Que nenni! Alors mettons des sous dans la boîte de conserve de Monsieur Robitaille qui chante "Bonjour le maître et la maîtresse" à la porte des quidams un dimanche matin et mettons les boîtes de conserve dans la boîte et cartron Rock-Guertin que Françoise se fera livrer le 23 décembre et qui remplira son frigo jusqu'au 12 août. Oui parce qu'une fois qu'on a un frigo plein, on a comme peur de le vider, c'est bien normal. Alors on garde le tout comme de précieux bibelots!
Et il ne s'agit que du dossier bouffe et affaires normales pour celles et ceux qui ont le droit de passer un Noël normal, genre l'abondance, la bouffe, les cadeaux pis toute. Bon OK, rien contre. On vit dans une société de consommation capitaliste --tiens, j'ai dix-sept ans!-- et égalitaire, puis on accepterait que certains se privent de cette orgie? Que nenni! Alors mettons des sous dans la boîte de conserve de Monsieur Robitaille qui chante "Bonjour le maître et la maîtresse" à la porte des quidams un dimanche matin et mettons les boîtes de conserve dans la boîte et cartron Rock-Guertin que Françoise se fera livrer le 23 décembre et qui remplira son frigo jusqu'au 12 août. Oui parce qu'une fois qu'on a un frigo plein, on a comme peur de le vider, c'est bien normal. Alors on garde le tout comme de précieux bibelots!
Toujours par ordre d'apparition :
- La Fondation du Cégep qui gère le parking de ladite institution (parce qu'on a besoin de livres pis certains étudiants sont nécessiteux et quelques sont full cassés)
- La Fondation de l'Université (parce que c'est votre Alma mater que vous négligez parce que t'sé, j'ai déjà assez payé quand j'étais là, man)
- La Fondation du Centre hospitalier universitaire (parce qu'y paraît que le gouvernement n'en peut plus).
Le bourgeois de la classe moyenne matérialiste --au sens philosophique-- et utilitariste regarde ça et se dit qu'il devrait partager un peu son butin.
Alors la paie arrive : 25% s'en va à l'impôt, au chômage et aux congés parentaux. D'accord, rien à dire. Il a voté pour ça et croit fermement qu'il faut contribuer au système de santé, au bien-être des familles, etc. 12% sur les protections diverses (syndicat, fonds de pension, assurance santé et salaire, d'abord parce que c'est conventionné, ensuite parce qu'il s'agit d'un avantage d'être bourgeois).
Alors disons que le bourgeois fait 52 000$ par année (fort respectable, il le sait), ça lui donne un gros 1000$ par semaine. Enlevons-lui le 37% pour constater que dans son compte, on lui dépose 740$ par semaine!
De quoi se plaint-il? De rien. Pas encore.
En tant que bourgeois, le bourgeois possède une maison et il loue même un espace à un réfugié politique nigérian ayant pris la place d'un précédent réfugié politique burkinabé de ses amis. Le bourgeois a une conscience planétaire. L'hypothèque du bourgeois est d'environs 700$ par mois! Quoi! Shit, c'est le prix de mon logement! Ajoutez les taxes municipales et scolaires d'environ 2000$ par année, on est rendu à 870 par mois. Ajoutez un 350$ du logement d'en haut, ça lui fait 520$ par mois pour se loger. Plus que raisonnable, sauf que... Sauf que pour le loyer d'en haut, tout est inclus (meubles, eau chaude, électricité, chauffage) et le bourgeois assume la facture d'électricité des du logement d'en haut. La facture d'énergie est de plus ou moins 200$ par mois.
Il reste combien dans le compte du bourgeois? 720$ par mois pour se loger, ça lui fait donc 180$ par semaine soustrait au 740$, il lui reste toujours bien 560$! Vite, aux arcades!
Oui parce que le bourgeois travaille fort mériter ce salaire et il a besoin d'amusements! Mais avant, il doit se nourrir et nourrir les siens! Comme il est plutôt frugal, il dépense plus ou moins 100$ par semaine en épicerie et disons... 50$ en cantines et autres tavernes.. Il lui reste 410$!
Que faire de tout ce fric? Payer les Internets, la télé et le téléphone, pardi! Comment, en tant que bourgeois célibataire, pourrait-il vivre sans ces indispensables joies de la modernité! 130$ par mois pour alléger le poids de la solitude et de l'ignorance, ça ne fait que 32$ par semaine et il reste 380$ pour folâtrer dans... dans la bagnole, entre autres! Mettons-lui 40$ de carburant et consacrons-lui plus ou moins 1000$ d'entretien par année (ouf! elle est déjà payée!) et 310$ sont toujours disponibles!
Dette d'étude? Rien de plus simple! Il retourne aux études et il en coûtera exactement la même chose, puisque bourgeois fonctionnaire privilégié qu'il est, son employeur consent à lui payer une partie des études qui ne lui coûteront, à lui que 50$ par semaine! Un gros 260$ toujours disponibles.
Mais le bourgeois trouve, en bon bourgeois individualiste et pingre, qu'il paie un peu trop d'impôt à ses gouvernements, alors il se décide à enfin devenir un homme et de se munir d'un RÉER à 100$ par mois. De plus, il ne veut pas que sa progéniture s'endette comme il l'a fait, alors il a pris soin de mettre de côté une cinquantaine de dollars par mois pour que Plus-Jeune et Plus-Vieux ne soient pas tout-nus le soir de leur premier party de cégep! 220$ toujours disponibles!
Des vacances! Le bourgeois a besoin de vacances! Question d'équilibre! Il doit également encourager le bon développement social et cognitif de ses enfants; comment dire à Plus-Vieux : "Non, sais-tu, la musique, l'Harmonie, tout ça... t'en as pas vraiment besoin!" Impossible. quelques centaines de dollars par année, le souper bénéfice, les barres de chocolat et tout l' tralala!
Le bourgeois a donc tout pour être heureux, mais il ne pourrait "sauter une paie" comme disent les chroniqueurs financiers. Il n'a pas d'épargnes, sinon celles que lui impose sa sacro-sainte convention collective. Il aura au moins un bain par semaine lorsqu'il sera impotent.
Alors de quoi se plaint-il?
De l'hypocrisie.
De sa culpabilité.
De sa cupidité.
De son attitude.
De sa québécitude.
De sa questionitude.
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