Pour l'oublier, Elle qui ne veut pas jouer dans son film, qui a un plan B redevenu un plan A, il cherche ailleurs. Pour l'oublier, Elle qui l'aime, lui qui l'aime, mais que c'est pas possible parce que. Il ne l'attend plus, mais l'espère ponctuellement. L'espoir nourrit, intoxique.
Il lance sa ligne sur les réseau de rencontre. Il rencontre Celle-ci, même âge que lui, drôle, sympathique. Ils finissent par se rencontrer. Il déballe son histoire puisqu'elle en fait autant. Celle-ci sent que ça n'ira pas plus loin qu'une amitié, le lui dit tout de suite; dans sa fiche, il y avait écrit : "je suis directe, franche". Il l'a su assez vite. Après ce sympathique souper, Celle-ci lui dit qu'ils se reverront, qu'on verra comment évoluera leur situation, etc. Voilà une belle occasion de l'oublier, elle. Un samedi soir qu'il rentrait chez lui un peu désespéré, tourmenté par elle, celle-ci, qu'il a vu en ligne et avec qui il a un peu clavardé, l'invite à manger, à condition qu'il comprenne bien qu'il est un ami intellectuel. Ce sont ses mots. Il accepte et passe une belle soirée. Celle-ci ne lui a pas écrit ou donné signe de vie depuis trois semaines au moins et il s'en inquiète un peu. Il sait bien qu'il ne peut rien espérer de cette relation, mais l'espoir... elle le trouve bien chouette comme ami, mais c'est comme si elle n''avait pas le goût ni l'énergie pour se disperser, elle a tellement vécu en boucle la relation-qui-peut-marcher-mais-qui-finalement-n'aboutit-pas qu'elle commence à se désengager pour ne plus se faire d'accroire et ne plus en faire à personne, elle se considère fausse de se faire croire qu'elle cherche l'amitié aussi... ce n'est pas vrai. Elle lui dit qu'elle cherche l'amour et qu'elle croit que lui aussi. Qu'il a déjà plein d'amies filles, qu'elle en a aussi.. qu'elle n'est pas sûre d'avoir envie d'investir dans cette voie. Qu'elle lui avait dit qu'elle voulait qu'ils le décide au jour le jour... qu'elle en était là. Que ça n'enlevait pas qu'ils s'entendaient bien et qu'elle sera ravie de lui jaser si elle me croise. Bon. Au moins, c'est clair! Il tire donc la prise, même si la lumière n'a jamais vraiment allumé.
En attendant, il a relancé cette Autre, qui lui avait envoyé un courriel au début de l'été. Mais il était avec Elle, convaincu que ça y était, pour un bon bout, qu'il avait trouvé. Cinq mois plus tard, il relance l'Autre. Ça va vite. L'Autre se montre intéressée, lui envoie sa photo, elle semble jolie, sympathique. Il l'invite pour une marche en forêt... urbaine tout de même! La rencontre se passe bien. L'Autre est calme, posée, très jolie, mais semble bien fragile. Il lui donnerait un coup de doigt et crack! elle se briserait, lui semble-t-il. Pendant la marche, des vides conversationnels. La gêne, sans doute. Petit café après la marche, jasette sur "ton passé, mon passé", petit bisou furtif et promesse de se revoir. Une semaine plus tard, il l'invite au cinéma. Ils précèdent la séance d'un repas au resto. Pendant le film, pas le moindre frôlement, aucun coude ou genou ne croise son alter-ego. Bisou poli et au-revoir. L'Autre manque un peu de "tork" lui semble-t-il, de bonne humeur. Conscient qu'il n'incarne pas Monsieur Bonheur en personne, il se dit que tout de même, il a besoin de rire un peu, de faire rire... mais là, ça semble forcé. Un samedi, il lui écrit pour lui dire qu'il corrigeait, qu'il avait besoin de sortir de chez lui et qu'il l'invitait à prendre un café, une marche, une bière, les trois dans l'ordre ou dans le désordre. Il veut vraiment se sortir d'Elle et il a l'impression de faire ce qu'il faut quitte à rendre quelqu'une malheureuse parce qu'elle aura servi de rebond... L'autre lui répond laconiquement, en le remerciant pour l'invitation, qu'honnêtement, elle ne se sentait pas de très bonne compagnie aujourd,hui...qu'elle ne voulait pas qu'il l'attende. qu'elle essayerait de se reposer. Bonne journée. Un odeur de pourri sortait de ce massage. Il sentait bien qu'il poussait un peu sa luck avec cette Autre, qu'il fallait vérifier si elle était tout simplement gênée ou simplement déprimante. Il lui a récrit immédiatement pour lui demander s'il devrait la laisser tranquille, arrêter de l'inviter à faire des activités. La réponse est venue tout de suite. L'Autre lui a dit que bon, ça avait l'air un peu de ça son affaire...Mais qu'elle croyait sincèrement qu'elle était dans un timing --si un jour je croise le timing, je lui pète la gueule-- où elle avait besoin de solitude. Que ce soit lui ou Benicio del Toro qui cognerait à ma porte ce soir, ce serait la même réponse. Qu'elle ne savait pas encore s'il y avait chimie entre eux ou non. Mais qu'elle croyait qu'elle n'avait pas grand chose à offrir présentement. Qu'elle s''en sentait désolée... A bientôt. Pas de point d'exclamation, même pas de suspension. Bon bis. Il savait bien que ça ne mènerait nulle part cette fréquentation, mais tout de même, petite déception et surtout, elle était toujours là, dans sa tête à cet entêté d'elle...
Alors le voilà descendu de son serpent de parchési, qui n'a pas passé go et pas réclamé deux-cent dollars.
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