dimanche 7 août 2011

Tiens-la, ma main... (check it out!)

Il faut nettoyer la soue. Pas un centimètre carré de tapis visible dans ce petit espace couvert par les deux lits et le matelas par terre. On rassemble donc nos choses pour quitter ce drôle de nid qui, tout compte fait, nous aura bien servi de refuge pendant deux nuits.

Au comptoir, j'apprends que je dois deux jours d'utilisation Internet. 15$ par jour. OK. Respire mon homme. Primo, je me suis rendu compte assez tard que le wifi n'était pas fourni dans le forfait. Mais j'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur en me disant que ça nous donnait un bonus sur les moments de repos. Mais j'avais bien dit aux gars de ne pas se brancher la veille. Eh ben la consigne n'a pas été suivie. Je tente de négocier en disant qu'une connexion était dédiée à mon ordi, l'autre à un iPod, rien à faire. Luz, la préposée, reste de marbre. Elle me montre la facture en me pointant quelques trucs avec son stylo du Milford Plaza, rien à faire. Je n'arrive pas à me retenir : 
- Well I guess I'm gonna bend over and take it!
- I charge it on your credit card, sir?
- Whatever...
Je n'aime pas être bête avec ceux dont ce n'est pas la faute, mais c'était plus fort que moi. Un peu comme les préposés au service à la clientèle par téléphone, ils doivent recevoir des trombes de merde et croire que ça ne les atteint pas jusqu'à ce qu'ils quittent ce boulot merdique.

Je ne suis pas un voyageur aguerri et pour tout dire, j'ai l'angoisse facile. Depuis hier, je me demande ce qu'on fera de nos bagages durant la journée. Oui parce que l'hôtel, bien heureux de nous accueillir à l'arrivé, nous demande de déguerpir avant midi le jour du départ. En fouillant un peu sur Internet --à 15$ par jour, faut ben trouver des renseignements utiles!-- j'apprends qu'on peut laisser ses bagages au sous-sol de l'hôtel avec un pourboire discrétionnaire. Parfait! Je file un 10$ au larbin pour qu'il place en sûreté nos trois sacs que nous récupérerons. Opération déjeuner pas compliquée : même chose que la veille. Avec un enfant psychorigide, y a rien comme la routine. 

Le projet du jour : Central Park et ce qui l'environne. Je décide qu'on s'y rendra à pied. J'entends un peu maugréer, mais j'explique que New York est une ville qui se marche. Nous empruntons donc la 5e Avenue beaucoup moins bruyante et chaotique que la 7e, mais néanmoins animée. Une vingtaine de minutes plus tard nous voici à l'orée de cet espace vert en pleine ville. Les gars veulent voir le Apple Store et je suis convaincu qu'il est sur la 64e rue. Alors on marche. Nous longeons Central Park pendant plus de 45 minutes et il fait aussi chaud que la veille et l'avant-veille. Deux bouteilles d'eau plus tard, nous sommes à la hauteur du MOMA et je demande à un vendeur s'il sait où est l'Apple Store: "À l'entrée du parc, sur Columbus!". Shit. On a marché tout ça, les gars sont déjà tannés et il n'est que 10h. La journée sera longue. Donc nous remontons les rues pour nous rendre dans ce drôle de cube blanc qui, tout compte fait, n'est qu'un magasin avec beaucoup de Mac, de iPads, de iPods et de iTrucs et de iMonde. À peine dix minutes et on a fait le tour. Décevant mais pas surprenant. Pour moi en tout cas.

Je décide de remonter le parc, mais par l'autre côté. Colin veut voir Strawberry Fields, la place où il y a une mosaïque appelée "Imagine". Je leur parle un peu de l'endroit du building devant lequel s'est fait assassiner John Lennon, etc. En fait, ça intéresse Colin et ça emmerde un peu Élie. Je sens de la tension. Petite photo devant la mosaïque et nous poursuivons notre chemin.

Prochain arrêt : le musée d'histoire naturelle. Il y a beaucoup de monde, mais on ne peut aller à New York sans voir au moins un musée... me semble-t-il. La file d'attente est assez imposante, mais on nous dit qu'il y a à peine vingt minutes d'attente. Parfait! Une fois les billets achetés, nous nous lançons dans le musée en commençant par le dernier étage : les dinosaures. Perso, pas grand intérêt. Oui, c'est super impressionnant et j'ai une admiration sans bornes pour ces paléontologues qui ont déterré des tyrannosaures et stégosaures à coup de pinceaux en les reconstituant comme des casses-têtes sans images, mais je me lasse vite de ces ossements. Et je n'ai pas tellement le coeur à jouer au guide, surtout qu'Élie me pompe de plus en plus l'air en nous suivant de deux mètres derrière et en regardant son iPod plutôt que l'expo. La fatigue se fait dangereusement sentir de toute part. Le musée est tellement grand qu'il nécessite une planification de visite, sinon on s'y perd et on se retrouve dans une section sur les Amérindiens, ce que nous connaissons un peu déjà. Même chose avec la flore et la faune de l'Est de l'Amérique du nord. À travers la fatigue et l'irritation, je n'arrive pas à m'orienter dans ce musée et la faim se fait sentir. Allons donc manger. Ça vaudra mieux.

Ici comme ailleurs, trouver quelque chose pour Colin relève du défi. Je réussis néanmoins à lui fabriquer une assiette qui a un peu de sens, après des discussion avec les responsables des cuisines, ce qui n'est jamais une mince affaire. Je donne 10$ à Élie pour qu'il se prenne quelque chose et je le vois revenir avec deux grosses pointes de pizza péperroni -fromage; il se plaint qu'il a mal à la tête depuis le matin et il s'avale de la pizza! Je sais bien qu'à 14 ans --presque 15-- la partie "jugement" du cerveau n'est pas encore tout à fait au point, mais là, j'explose. En vain. Il est temps que ce voyage se termine.

Je choisis le métro pour rentrer aller récupérer nos bagages. La ballade se fait bien, la climatisation du wagon refroidit un peu les esprits et je ne suis pas fâché de savoir que ce petit périple tire à sa fin. Nous reprenons nos bagages, marchons jusqu'à Penn Station et attendons le train prévu pour 19h30 qui part à... 19h30! Il y un peu de clarté à l'extérieur, ce qui nous permet de profiter de la vue du Fleuve Hudson. Le voyage se passe bien, sans anicroches, mais j'ai quand-même hâte de rentrer... même si je sais que nous avons 2h30 de voiture après les 2h30 de train.


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